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assemblée générale

São Paulo, Brésil

7- 10 Mai 2013

À la rencontre de l´Amérique Latine et du Brésil

timbreTimbre commémoratif de la victoire en coupe du monde 1958

Amérindiennes par le foyer initial de peuplement et sa souche culturelle, anglo-saxonnes et latines par ses colonisations, africaines par les déportations de l´esclavagisme, les Amériques sont également asiatiques, européennes, orientales par les vagues migratoires qui les ont peuplées, méritant bien ainsi la dénomination symbolique de Nouveau Monde.

Utilisée pour la première fois par le poète colombien José María Torres Caicedo en 1856 et par le socialiste chilien Francisco Bilbao, tous deux proches de Lamennais, l'expression « Amérique latine », panlatine est reprise vers 1860 dans le discours aux visées coloniales de Napoléon III , lors de l'aventure mexicaine (l´Espagne a toujours préféré les expressions Hispano América ou encore Ibero América pour la désigner, comme en témoigne l´OEI- Organisation des États-Ibéro-américains).

L' Amérique latine est le plus souvent représentée par 20 pays indépendants dont la langue officielle principale est l'espagnol, en y ajoutant le Brésil, dont la langue officielle est le portugais (ce qui tend à en exclure les ex colonies et territoires non hispanophones ou non-lusophones comme la Guyane française et le Surinam), mais qui inclut Porto Rico, État libre associé aux États-Unis. Haïti y est parfois inclus pour partager avec la République dominicaine, l´île qui porte le nom de La Hispaniola. D´un point de vue géographique stricto sensu, l´espace latino américain est constitué par une partie sud de l´Amérique du Nord (Mexique), l´Amérique centrale, la Caraïbe et l´Amérique du Sud. D´un point de vue panlatin culturel et linguistique lato sensu, sa mosaïque s´étendrait au nord à Saint-Pierre et Miquelon, au Québec, au Nouveau-Brunswick, et aux minorités francophones du Canada, aux États-Unis avec les Hispaniques ou latinos (sur la base du recensement de 2000 corrigé, le US Census Bureau estime qu´en 2007 les Hispaniques avaient atteint les 45 millions et représentaient 14 % de la population américaine, soit à peu près la population de l´Espagne, un peu plus que la Colombie, ce qui en ferait le deuxième ou troisième pays hispanophone du monde derrière le Mexique.

En 2008, la population de l´espace latino-américain stricto sensu était estimée à plus de 550 millions d'habitants (dont environ 40 % vivant en dessous du seuil de pauvreté).

Économie globale et intégrations régionales

L'économie des pays d'Amérique latine est très variable d'un pays à l'autre, tant au niveau du PIB (explicable en partie par les différentiels de taille des populations : Uruguay 3. 316 328; Paraguay 6. 459 058; Argentine 41.769 072; Mexique 113.724 226; Brésil 192.376 496, les facteurs géographiques et des éléments plus conjoncturels et politiques comme les infrastructures, les partenariats commerciaux, les taux de scolarisation, l'inflation … ). De nombreux pays de la zone sont lourdement endettés et consacrent chaque année une grande partie de leur budget au remboursement de la dette (l'Argentine a suspendu le paiement de la dette). Mais depuis le début des années 2000, le ratio de la dette de certains pays tant à diminuer et le Brésil est devenu pays contributeur du FMI.

RioSource: Avendao, Gaillard et Nieto Parra (2009)

Suivant deux logiques, l´une vers un modèle « nord », logique d´intégration étasunienne, l´autre vers un modèle « sud », logique d´intégration sud-américaine, cinq blocs économiques régionaux se distinguent. Ils évoluent et sont complétés par des projets d’intégration à l’échelle sous-continentale (ALBA, CSN), continentale (ZLEA) ou intercontinentale (APEC, Mercosur - Union européenne), et par un nombre croissant d’accords bilatéraux.

RioMartine GUIBERT, 2007, Amérique Latine, intégration régionale et mondialisation
www.cafe-geo.net (27/07/12)

La construction d´espaces universitaires de coopérations et innovations

Selon la Cres-2008 (Conferência Regional de Educação Superior), il y a environ 14 millions d´étudiants en Amérique Latine et Caraïbe dont 55,8 % sont inscrits dans des établissements publics. L´Argentine, le Brésil et le Mexique concentrent 80 % des doctorants, devant Cuba, la Colombie, le Vénézuela, le Pérou, le Chili, le Panama et le Costa Rica. Le processus d´internationalisation des économies entraîne avec lui, des mouvements d´internationalisation des espaces universitaires aux niveaux de l´enseignement, de la recherche, de la gouvernance et des coopérations. Interaméricain (OUI- Organisation universitaire interaméricaine www.oui-iohe.org); latino-américain (UDUAL- Union d' Universités de l' Amérique Latine et des Caraìbes www.udual.org), AUALCPI- Asociación de Universidades de América Latina y el Caribe para la Integración www.redaualcpi.org); régional (AUGM- Asociación de Universidades Grupo Montevideo, www.grupomontevideo.edu.uy) ou national (GCUB- Grupo Coimbra de Universidades Brasileiras, www.grupocoimbra.org.br ), le mouvement est aussi intercontinental (ALFA Puentes- Asociaciones de Universidades Europeas y Latinoamericanas por la Modernización y Armonización de la Educación Superior, alfapuentes.org); AULP- Associação das Universidades de Língua Portuguesa, www.secti.ba.gov.br ).

En général, les financements de la recherche sont concentrés dans des institutions publiques (les CONACYT - Consejo Nacional de Ciencia y Tecnología, ou CONICET - Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Técnicas que l´on trouve dans différents pays hispanophones, le CNPq- Conselho Nacional de Desenvolvimento Científico e Tecnológico et les regroupement des différentes fondations d´État à travers le CONFAP - Conselho Nacional das Fundações Estaduais de Amparo à Pesquisa, www.confap.org.br au Brésil). Mais le vaste mouvement de privatisation d´entreprises publiques entamé dans les années 1990, a conduit à intégrer dans le cahier des charges de certaines (en production d´énergie par exemple), une obligation de % d´investissement en recherche et développement. Peu préparées à développer leurs propres laboratoires, une part importante de ces entreprises ont été amenées à verser leurs fonds aux universités les mieux équipées qui sont en général, les établissements publics.

Quelques informations sur le système universitaire brésilien

Le Brésil est le pays le plus vaste et le plus peuplé d'Amérique latine. Avec une superficie de 8 514 876 km² et une population de 192 376 496 habitants en 2011, c'est aussi le cinquième pays du monde par la superficie et par le nombre d'habitants. En 2011, le Brésil est la sixième puissance économique mondiale (devant le Royaume-Uni) avec un PIB de 2 517 milliards de $ US. Il couvre la moitié du territoire de l'Amérique du Sud, partageant des frontières avec tous les pays du sous-continent à l'exception du Chili et de l'Équateur et 700 kilomètres de frontière avec la France, en Guyane.

Plus grand pays lusophone au monde, le Brésil est membre de la CPLP - Communauté des pays de langue portugaise (www.cplp.org/) dont l´opérateur universitaire est l´AULP - Associação das Universidades de Língua Portuguesa (aulp.org/). Le portugais est la première langue d'Amérique du Sud et de l'Hémisphère sud grâce à la démographie brésilienne.

Le Brésil, République fédérale et libérale, possède des caractéristiques communes avec la plupart des autres pays d'Amérique du Sud : c'est un pays en majorité catholique, la densité humaine moyenne est assez faible et la population est fortement urbanisée (à 84 %). Si les inégalités économiques y sont parmi les plus élevées du monde, la dynamique d´inclusion sociale y est également l´une des plus élevées.

L’organisation de l’enseignement supérieur au Brésil dépend du Ministère de l’Éducation (MEC) et plus particulièrement d’une de ses directions, la Direction de l’enseignement supérieur (SESU). Le Gouvernement brésilien estime qu’un enseignement supérieur de qualité et reconnu internationalement ne peut être atteint que grâce à un important et régulier travail d’évaluation du système dans son ensemble (évaluation du corps professoral, des cours, des étudiants, des installations). L’INEP-Institut National d’Études et de Recherches sur l’Éducation est responsable de l´évaluation pour le niveau de licence (graduação) La Coordination pour le perfectionnement du personnel de niveau supérieur (CAPES), agence du MEC, assiste le Ministère de l’Éducation dans la formulation des politiques de formation doctorale, évalue les programmes d’enseignement des niveaux Master et Doctorat ( pós-graduação). Les résultats des évaluations sont librement accessibles sur le site de la CAPES (www.capes.gov.br). La CAPES est par ailleurs le premier opérateur brésilien des accords de coopération scientifique et assure la gestion d’un nombre conséquent de bourses d’études, dont le programme Ciência sem Fronteiras qui finance les bourses de stage dans des universités à l´étranger pour plus de 100.000 étudiants brésiliens en trois ans (voir en français www.cienciasemfronteiras.gov.br). Le budget de la CAPES était de 237 millions d´euros en 2007 et de 1 milliard 189 millions d´euros en 2011. Le CNPq, Conseil National de Développement Scientifique et Technologique (www.cnpq.br), gère la carrière des enseignants-chercheurs (la plate-forme Lattes présente une fiche académique à jour de tous les enseignants-chercheurs titulaires buscatextual.cnpq.br) et finance la recherche au niveau fédéral. Dans la plupart des États, il existe une fondation publique de financement de la recherche (Fundação de Amparo à Pesquisa do Estado www.secti.ba.gov.br) qui reçoit un pourcentage des recettes d´impôts, variable selon les États (en 2011, la FAPESP - Fundação de Amparo à Pesquisa do Estado de São Paulo a ainsi consacré environ 253 millions d´euros au financement de bourses et d´actions de recherche).

Selon le dernier recensement mené en 2007 par l’INEP, le nombre d’établissements d’enseignement supérieur au Brésil se répartit ainsi pour environ 6,5 millions d'étudiants (2010).

 TotalProportion
Publics24910,9%
Fédéraux1064.6%
d'États823,6%
Municipaux612,7%
Privées203289,1%
À fins lucratives159469,9%
À fins lucratives43819,2%

dont 183 sont des universités de plein titre :

 TotalProportion
Publiques9652,5%
Fédérales5530,1%
d'États3519,1%
Municipales63,3%
Privées8747,5%
À fins lucratives2815,3%
À fins lucratives5932,2%

Le Gouvernement brésilien réfléchit à des réformes structurelles afin de faciliter l’accès des jeunes Brésiliens à l’enseignement supérieur et plus particulièrement à un enseignement de qualité. Les dernières statistiques (Instituto Brasileiro de Geografica e Estatistica, IBGE, 2009) montrent que 13,9 % des jeunes Brésiliens de 18 à 24 ans sont inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur en 2008, contre 9 % en 2004. Sur ces 9 %, seuls 29 % d’entre eux étaient alors inscrits dans un établissement public. Cette constatation est à la base du projet de réforme universitaire qui est en train d’être mise en place par le MEC en faveur de la promotion du secteur public. L’objectif est d’avoir à court terme, 30 % des jeunes brésiliens de 18 à 24 ans inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur. Pour y parvenir, l’État fédéral prévoit - entre autres - l’élargissement du réseau des Instituts Fédéraux d’Enseignement Supérieur (IFES) et l’augmentation du nombre de cours du soir délivrés par les universités publiques. Le défi de l’inclusion sociale est l’un des thèmes centraux de la réforme inscrite dans le Plan National de l’Éducation, 2001/2010.

Les points forts de l´université brésilienne sont très variés et répartis dans les nombreux établissements. Mais on peut mettre en avant les indicateurs de publications : 20 % des publications internationales dans le domaine de la médecine tropicale, 12 % en parasitologie, 9 % dans le domaine de l’agriculture; de la recherche : ingénierie, aérospatiale et aéronautique, mais aussi biodiversité, immunologie, gestion de l’environnement, domaines artistiques et arts de la scène, économie-gestion.

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